Les terpènes du cannabis : guide complet

Les terpènes du cannabis : guide complet

Cet article est à visée informative et scientifique. Il explique le rôle des terpènes dans le cannabis et chez d’autres plantes aromatiques. Il ne se substitue à aucun avis médical.

Vous avez déjà ouvert un sachet de fleurs CBD et reçu en plein visage un parfum d’agrumes éclatant. Ou peut-être une bouffée pinède résineuse, une note de lavande inattendue, un fond poivré comme une épice rare. Vous vous êtes alors demandé : pourquoi le cannabis sent-il si fort, et pourquoi chaque variété sent-elle différemment ?

La réponse tient en un mot : terpènes. Les chercheurs ont identifié plus de 200 terpènes dans le cannabis. Ce sont aussi eux qui font la différence entre une Lemon Haze et une Purple Kush, entre un effet vif et énergisant et un effet profond et relaxant. Et ce sont eux, surtout, qui font le pont entre le cannabis et le reste du règne végétal aromatique : la lavande, le pin, le citron, la menthe, le houblon, le poivre noir.

Cet article propose un guide complet sur les terpènes du cannabis. Vous y découvrirez ce qu’ils sont, comment ils fonctionnent, quels sont les douze terpènes majeurs et leurs effets respectifs, comment les préserver lors du stockage et de la vaporisation, et pourquoi leur étude révolutionne aujourd’hui la science du chanvre. Pour comprendre comment ces molécules dialoguent avec votre organisme, notre article sur le système endocannabinoïde pose le cadre biologique. Cet article-ci se concentre sur l’aspect botanique, aromatique et chimique des terpènes eux-mêmes.

Qu’est-ce qu’un terpène ?

Un terpène est une molécule organique aromatique produite par les plantes pour des raisons écologiques précises. Sur le plan chimique, les terpènes appartiennent à une grande famille de composés. On les appelle hydrocarbures isopréniques. Ils sont construits à partir d’unités d’isoprène à cinq atomes de carbone. Selon le nombre d’unités assemblées, on parle de monoterpènes, sesquiterpènes, diterpènes et ainsi de suite.

Le cannabis ne détient pas l’exclusivité des terpènes. Ils sont produits par la quasi-totalité des plantes aromatiques : agrumes, conifères, herbes culinaires, fleurs ornementales, épices, fruits, bois précieux. Les huiles essentielles, ces extraits concentrés que l’on utilise depuis l’Antiquité en parfumerie et en aromathérapie, ne sont rien d’autre que des cocktails de terpènes. Le myrcène d’une fleur de cannabis est exactement la même molécule. Vous le retrouvez dans une mangue mûre ou une bouteille de bière houblonnée. Le linalol qui caractérise certaines variétés de cannabis est identique à celui qui donne à la lavande son odeur si reconnaissable.

Cette universalité botanique a une conséquence importante : tout ce que la science a appris sur les terpènes des autres plantes peut être transposé, en partie au moins, à ceux du cannabis. Les recherches menées depuis des décennies sur l’aromathérapie, la pharmacognosie ou la parfumerie nourrissent aujourd’hui notre compréhension des effets terpéniques du chanvre.

Pourquoi le cannabis produit-il des terpènes ?

Les terpènes ne sont pas un cadeau de la plante à l’humain. Ce sont avant tout des outils de survie. Le cannabis vit dans un environnement hostile. Les insectes herbivores, champignons et bactéries le menacent constamment. D’autres plantes lui font même concurrence. Pour se défendre, il a développé un arsenal chimique : les terpènes en font partie.

Certains terpènes repoussent les prédateurs en agissant comme des répulsifs naturels. D’autres attirent les pollinisateurs en signalant la présence de fleurs. D’autres encore ont des propriétés antifongiques ou antibactériennes qui protègent la plante des infections. Quelques-uns servent même de signaux chimiques. Ils avertissent les plantes voisines qu’une menace approche. Cette communication déclenche chez elles une réponse défensive préventive. Cette communication chimique inter-végétale, autrefois ridiculisée, est aujourd’hui un domaine de recherche reconnu en écologie chimique.

Chez le cannabis, les terpènes sont produits dans des structures microscopiques appelées trichomes. Ce sont ces petites glandes résineuses qui recouvrent les fleurs et donnent à la plante son aspect cristallin lorsqu’on l’observe de près. Les trichomes sont aussi le lieu de production des cannabinoïdes comme le CBD ou le THC. Cannabinoïdes et terpènes naissent donc dans les mêmes usines cellulaires, ce qui explique leur étroite parenté biochimique et la richesse de leur synergie.

La concentration et la diversité des terpènes dépendent de plusieurs facteurs : la génétique de la variété, la luminosité reçue pendant la croissance, le stress hydrique, la température et la qualité du sol. C’est pourquoi deux fleurs de la même variété, cultivées dans des conditions différentes, peuvent présenter des profils terpéniques différents. C’est aussi pourquoi le cannabis cultivé en plein air, exposé à toute la complexité du climat, développe parfois des arômes plus riches que celui cultivé sous lampe en intérieur.

Les douze terpènes majeurs du cannabis

Sur les 200 terpènes identifiés, une douzaine domine les profils aromatiques de la plupart des variétés de cannabis. Voici un tour d’horizon des plus importants, avec leurs caractéristiques aromatiques, leurs sources botaniques et leurs propriétés étudiées par la recherche.

Myrcène

Le myrcène domine généralement le profil terpénique du cannabis. Dans certaines variétés, il représente à lui seul plus de 50 % du total. Son arôme est terreux, musqué, légèrement fruité, avec une note rappelant le clou de girofle. On le retrouve massivement dans la mangue mûre, le houblon (qui partage d’ailleurs avec le cannabis une parenté botanique de la famille des Cannabacées), le thym, la citronnelle et le laurier. Le myrcène apporte des propriétés relaxantes et myorelaxantes documentées dans plusieurs études animales. Il est également étudié pour ses effets antioxydants et antibactériens. Les variétés à forte teneur en myrcène, souvent classées parmi les indica, sont fréquemment recherchées pour les profils sédatifs.

Limonène

Le limonène développe un arôme d’agrumes immédiatement reconnaissable, avec des notes de citron, d’orange, de pamplemousse. Il est l’un des terpènes les plus répandus dans le règne végétal, présent dans le zeste de citron, orange, mandarine et pamplemousse, ainsi que dans la menthe, le genièvre et le romarin. Le limonène offre des propriétés anxiolytiques et thymorégulatrices documentées en aromathérapie depuis des siècles. Il stimule la production de sérotonine et de dopamine selon plusieurs études sur modèles animaux, ce qui pourrait expliquer son association avec les profils énergisants et de bonne humeur. Les variétés Lemon Haze, Super Lemon Haze, Tangie ou Sour Diesel doivent leur signature olfactive éclatante à une concentration élevée en limonène.

Pinène

Le pinène existe sous deux formes isomères : alpha-pinène et bêta-pinène. Comme son nom le suggère, son arôme évoque immédiatement le pin, le sapin, la résine de conifère. On le retrouve massivement dans les aiguilles de pin, le romarin, la sauge, le basilic et l’eucalyptus. Les chercheurs étudient le pinène pour ses propriétés bronchodilatatrices, anti-inflammatoires et antiseptiques. Certaines recherches préliminaires suggèrent qu’il pourrait contrebalancer les effets de certains cannabinoïdes sur la mémoire à court terme, en favorisant la clarté mentale. Les variétés Jack Herer ou Blue Dream sont souvent associées à des profils riches en pinène.

Linalol

Le linalol porte la signature olfactive de la lavande : floral, doux, légèrement épicé. Au-delà de la lavande, il est présent dans la menthe, le laurier, la coriandre, le cèdre et le basilic. L’aromathérapie utilise la lavande pour favoriser le sommeil et apaiser l’anxiété depuis l’Antiquité, et la science moderne attribue ces propriétés en grande partie au linalol. Des études ont mis en évidence ses effets anxiolytiques, sédatifs et anticonvulsivants, probablement via une modulation des récepteurs GABA. Les variétés Granddaddy Purple, LA Confidential ou Lavender Kush présentent souvent des profils dominants en linalol.

Bêta-caryophyllène

Le bêta-caryophyllène est un terpène absolument unique, et c’est lui qui mérite probablement le plus d’attention scientifique. Son arôme est épicé, poivré, boisé, évoquant le poivre noir (dont il est d’ailleurs le composé majeur), le clou de girofle, la cannelle, l’origan et le houblon. Sa particularité ? Il se lie directement au récepteur CB2 du système endocannabinoïde. Aucun autre terpène ne fait cela. Ainsi, il agit comme un cannabinoïde. À ce titre, il est parfois qualifié de cannabinoïde atypique ou de pont moléculaire entre les terpènes et les cannabinoïdes. Cette propriété explique son potentiel anti-inflammatoire et analgésique étudié dans plusieurs travaux récents. Les variétés Original Glue, Bubba Kush ou Sour Diesel sont reconnues pour leur richesse en caryophyllène.

Terpinolène

Le terpinolène est un terpène complexe, à la fois floral, herbacé, légèrement boisé, avec des notes d’agrumes doux et de pin. On le trouve dans la noix de muscade, le cumin, le persil, l’apiacée et le lilas. C’est un terpène moins fréquent dans le cannabis que le myrcène ou le limonène, mais sa présence signe certaines variétés sativa, notamment les Haze, Jack Herer, Dutch Treat ou Ghost Train Haze. Le terpinolène affiche des effets antioxydants, antifongiques et potentiellement sédatifs, et son profil sensoriel est apprécié pour la complexité aromatique qu’il apporte.

Bisabolol

Le bisabolol, ou alpha-bisabolol, est un terpène floral et délicat, à l’odeur douce de camomille allemande et de miel. Présent également dans le candeia brésilien et certaines fleurs sauvages, il est largement utilisé en cosmétique pour ses propriétés apaisantes pour la peau, anti-irritantes et cicatrisantes. Son potentiel anti-inflammatoire et antimicrobien est documenté en dermatologie. Dans le cannabis, le bisabolol reste souvent un terpène mineur, mais certaines variétés comme Harle-Tsu ou ACDC en présentent une concentration appréciable, conférant des notes douces et florales à leur profil aromatique.

Humulène

L’humulène, autrefois appelé alpha-humulène, partage avec le caryophyllène une parenté chimique étroite. Son arôme est boisé, terreux, légèrement amer, avec une signature houblonnée caractéristique. C’est le terpène emblématique du houblon, utilisé en brasserie pour son amertume et sa fraîcheur. On le retrouve aussi dans la sauge, le ginseng et le clou de girofle. L’humulène présente des propriétés anti-inflammatoires et étonnamment, à un effet coupe-faim, contrairement au myrcène qui stimule l’appétit. Les variétés Sour Diesel, White Widow et Headband contiennent généralement de l’humulène en quantité notable.

Ocimène

L’ocimène est un terpène à l’arôme doux, herbacé, légèrement sucré et boisé. On le rencontre dans le basilic, la menthe, l’estragon, la mangue et l’orchidée. Dans le cannabis, L’ocimène agit comme décongestionnant naturel, antifongiques et anti-inflammatoires. Il fait partie des terpènes que la plante produit en réponse à des attaques d’insectes : sa concentration peut augmenter quand le cannabis est stressé. Les variétés Strawberry Cough, Clementine et Dutch Treat sont riches en ocimène.

Géraniol

Le géraniol exhale une odeur florale, rosée, fruitée, typique du géranium et de la rose. Il est présent dans la citronnelle, le palmarosa, le bois de rose et certains agrumes. En aromathérapie, L’aromathérapie apprécie le géraniol pour ses propriétés antimicrobiennes, antioxydantes et répulsives contre les insectes (il entre dans la composition de nombreux répulsifs naturels contre les moustiques). Dans le cannabis, le géraniol reste un terpène mineur mais signe certaines variétés au profil olfactif particulièrement floral.

Camphène

Le camphène a un arôme balsamique, frais, légèrement musqué, proche du sapin et de l’huile de moteur (curieusement). Il est présent dans le sapin baumier, la verge d’or, le camphre et le romarin. Le camphène est étudié pour ses propriétés expectorantes, antioxydantes et hypolipémiantes (il pourrait aider à réduire le cholestérol selon certaines études animales). Bien que mineur dans le cannabis, il contribue à la fraîcheur résineuse de certaines variétés.

Nérolidol

Le nérolidol exprime un arôme boisé, floral, fruité, évoquant le bois de rose, le jasmin et l’écorce d’arbre. On le retrouve dans le gingembre, le jasmin, le néroli et le citron vert. Le nérolidol est étudié pour ses propriétés anti-microbiennes, anti-paludiques et sédatives. Il est également utilisé comme transporteur dermique en cosmétique, capable d’améliorer l’absorption d’autres molécules à travers la peau. Sa présence dans certaines variétés de cannabis enrichit la complexité aromatique avec des notes raffinées.

L’effet d’entourage : la synergie qui change tout

Si vous deviez retenir une seule idée de cet article, ce serait celle-ci : les terpènes ne sont pas de simples décorateurs aromatiques. Ils modulent activement l’action des cannabinoïdes. Ce phénomène est appelé effet d’entourage, concept formulé pour la première fois en 1998 par Raphael Mechoulam et Shimon Ben-Shabat, et précisé en 2011 par Ethan Russo dans un article de référence publié dans le British Journal of Pharmacology.

L’idée centrale est simple : un cannabinoïde isolé, comme le CBD ou le THC purifié, ne produit pas exactement les mêmes effets que ce même cannabinoïde consommé en présence des terpènes naturels de la plante. La présence simultanée de plusieurs molécules crée des synergies, des modulations réciproques, parfois des amplifications, parfois au contraire des atténuations ciblées. Le tout est plus que la somme de ses parties.

Quelques exemples concrets de cette synergie. Le myrcène, en augmentant la perméabilité de certaines barrières cellulaires, semble faciliter le passage des cannabinoïdes vers leurs sites d’action, ce qui pourrait expliquer pourquoi les variétés riches en myrcène sont souvent perçues comme plus puissantes. Le pinène, lui, contrebalance certains effets du THC sur la mémoire à court terme, en favorisant la clarté cognitive. Le caryophyllène, en se liant au récepteur CB2, amplifie le potentiel anti-inflammatoire d’une formulation cannabique full spectrum. Le linalol renforce l’effet sédatif des cannabinoïdes et terpènes relaxants par sa propre action sur les récepteurs GABA.

Cet effet d’entourage explique pourquoi les produits full spectrum et broad spectrum, qui conservent l’ensemble du profil naturel de la plante, sont souvent préférés aux isolats par les consommateurs avertis. Ils offrent une expérience plus complète, plus nuancée, plus fidèle à la signature de la variété d’origine. Pour explorer concrètement cette dimension dans nos produits, vous pouvez consulter notre catégorie de fleurs CBD, où chaque variété affiche son propre profil terpénique.

Températures de vaporisation : libérer chaque terpène au bon moment

Les terpènes sont des molécules volatiles, c’est-à-dire qu’elles s’évaporent à des températures relativement basses, souvent inférieures à celles nécessaires pour vaporiser les cannabinoïdes. Connaître ces températures permet à un utilisateur de vaporisateur d’optimiser son expérience aromatique et thérapeutique.

Voici les points d’ébullition approximatifs des principaux terpènes du cannabis, exprimés en degrés Celsius à pression atmosphérique. Ces valeurs guident le choix de la température de vaporisation.

Le bisabolol est l’un des plus volatils, avec un point d’ébullition autour de 153 à 155 °C, suivi de très près par le pinène à 155 °C. Le caryophyllène entre en vapeur dès 160 à 165 °C. Le myrcène, terpène vedette du cannabis, vaporise à environ 168 °C. Le limonène suit à 176 °C. Le terpinolène arrive à environ 184 °C. Le linalol et l’humulène demandent environ 198 °C pour s’exprimer pleinement. L’oxyde de caryophyllène et certaines molécules plus lourdes nécessitent jusqu’à 257 °C.

À titre de comparaison, le CBD vaporise vers 180 °C, le THC vers 157 °C, le CBN vers 185 °C. Une plage de 170 à 195 °C permet donc de capturer la plupart des terpènes majeurs et des cannabinoïdes principaux dans un compromis équilibré.

Cependant, les vaporisateurs haut de gamme proposent une autre approche. On l’appelle step vaping. Le principe ? Une chauffe progressive. D’abord, commencez à 165 °C. Cette première étape libère les terpènes les plus volatils. Ensuite, montez à 180 °C, vous extrayez ainsi les cannabinoïdes principaux. Enfin, atteignez 200 °C. Vous capturez alors les terpènes lourds. Cette méthode présente un grand avantage. Vous profitez de tout le spectre en une seule session.

Terpènes en cosmétique et bien-être

Les terpènes ne s’arrêtent pas aux usages internes du cannabis. Leur intégration dans la cosmétique et les produits de bien-être est ancienne et bien documentée. L’aromathérapie traditionnelle, qui mobilise des huiles essentielles depuis des millénaires, n’est rien d’autre qu’une science empirique des terpènes et de leurs effets sur le corps et l’humeur.

Aujourd’hui, les cosmétiques au CBD et au chanvre intègrent souvent des terpènes ciblés pour amplifier leurs effets. Une crème apaisante misera sur le bisabolol et le linalol pour leurs propriétés calmantes pour la peau. Un baume musculaire jouera sur le caryophyllène et le pinène pour leurs effets anti-inflammatoires. Un sérum énergisant tablera sur le limonène pour stimuler la sensorialité. Pour découvrir notre catalogue, vous pouvez explorer notre catégorie d’huile CBD, dont les profils terpéniques varient selon la formulation.

Au-delà des cosmétiques, les terpènes du cannabis sont étudiés en parfumerie fine. Plusieurs maisons de parfum européennes développent depuis 2020 des accords cannabis-cuir, cannabis-bois ou cannabis-agrumes en utilisant des extraits terpéniques de chanvre légal (moins de 0,3 % de THC). Le myrcène, le caryophyllène et le pinène y composent des notes singulières, à la fois végétales et résineuses, recherchées par les nez contemporains. Pour comprendre la place du chanvre dans cette industrie, notre article sur les 1000 usages du chanvre approfondit la dimension industrielle de cette plante.

Comment lire une analyse terpénique

De plus en plus de producteurs de fleurs CBD et de résines CBD fournissent une analyse terpénique certifiée par un laboratoire indépendant. Savoir lire ce document permet de choisir une variété en fonction du profil aromatique et fonctionnel recherché.

Une analyse terpénique présente généralement les éléments suivants. La teneur totale en terpènes exprimée en pourcentage du poids sec, qui se situe en général entre 0,5 % et 3 % pour les fleurs de cannabis CBD. Une teneur supérieure à 2 % est considérée comme élevée et signe une variété richement aromatique. La liste détaillée des terpènes identifiés, avec pour chacun sa concentration en milligrammes par gramme ou en pourcentage. Les ratios entre certains terpènes, qui caractérisent une variété : par exemple un ratio myrcène/limonène de 3:1 signe une variété plutôt relaxante, alors qu’un ratio inversé indique un profil énergisant.

Les laboratoires accrédités utilisent généralement la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS) pour quantifier précisément chaque terpène. Cette méthode est la référence en analyse terpénique et permet d’identifier individuellement plus d’une vingtaine de molécules avec une grande précision.

Lorsque vous achetez du CBD de qualité, demandez systématiquement un certificat d’analyse incluant le profil terpénique. C’est un signe de transparence du producteur et un outil précieux pour le consommateur averti.

Conservation des terpènes : préserver l’arôme

Les terpènes sont des molécules fragiles. Ils s’évaporent à basse température, s’oxydent au contact de l’oxygène, se dégradent sous l’action de la lumière ultraviolette et perdent leurs qualités aromatiques avec le temps. Bien conserver une fleur ou un extrait CBD, c’est avant tout protéger ses terpènes.

Quelques règles simples pour préserver l’intégrité du profil terpénique. Conserver les fleurs et résines dans un contenant hermétique, idéalement en verre teinté ou opaque, pour limiter l’oxydation et bloquer la lumière. Maintenir le contenant dans un endroit frais, entre 15 et 18 °C, à l’abri des sources de chaleur. Éviter les variations brutales de température et d’humidité, qui accélèrent la dégradation. Maintenir une humidité relative stable autour de 58 à 62 %, ce qui correspond aux conditions idéales recommandées dans l’industrie. Des sachets humidificateurs spécifiques (comme les Boveda 62 %) permettent d’atteindre cette précision.

Avec ces précautions, les terpènes restent stables pendant 6 à 12 mois pour les fleurs, jusqu’à 18 à 24 mois pour les résines bien conservées. Au-delà, la dégradation devient sensible : les arômes vifs s’estompent, les notes complexes s’aplatissent, et l’expérience perd en richesse.

Réglementation française et terpènes du chanvre

En France et dans l’Union européenne, les terpènes naturels issus du chanvre légal (variétés inscrites au catalogue européen, contenant moins de 0,3 % de THC) sont des composés librement commercialisables. Ils sont utilisés dans les huiles essentielles de chanvre, les e-liquides aromatisés, les cosmétiques. Et les compléments alimentaires (dans les limites du règlement Novel Food) et les produits parfumants.

Par ailleurs, les terpènes synthétiques équivalents restent également autorisés. Le myrcène ou le limonène produits en laboratoire à partir d’autres sources entrent dans cette catégorie. Cependant, ils suivent les mêmes règles. Tout ingrédient aromatique obéit à cette norme. Désormais, les producteurs européens incluent le profil terpénique dans leurs analyses. Ainsi, ils répondent aux exigences de traçabilité.

Sur le plan sanitaire, les terpènes naturels ne posent généralement pas de problème de toxicité aux concentrations rencontrées dans les produits CBD. Certaines personnes peuvent toutefois présenter des sensibilités individuelles, notamment au limonène ou au linalol, deux allergènes reconnus par la réglementation cosmétique européenne. La réglementation oblige les producteurs à signaler ces allergènes au-delà de certains seuils.

Pour aller plus loin

Les terpènes ouvrent une porte fascinante sur la complexité du cannabis. Ils transforment ce qui pourrait paraître une simple plante riche en cannabinoïdes en un véritable orchestre moléculaire, où chaque molécule joue sa partition et où l’ensemble produit une expérience unique. Que vous soyez utilisateur thérapeutique, amateur de saveurs ou simple curieux, comprendre les terpènes change radicalement votre rapport au cannabis et plus largement aux plantes aromatiques.

Pour approfondir, je vous invite à consulter nos articles complémentaires : Le système endocannabinoïde expliqué simplement, qui détaille comment terpènes et cannabinoïdes dialoguent avec votre organisme. Histoire du cannabis : 12 000 ans de relation entre l’humain et la plante, qui retrace la longue saga botanique de cette plante extraordinaire. Et Les 1000 usages du chanvre, qui explore la diversité des applications industrielles, alimentaires et cosmétiques.

Pour découvrir nos produits riches en terpènes naturels, rendez-vous sur la boutique CBD’eau ou explorez nos catégories phares : fleurs CBD, résines CBD, huiles CBD et wax CBD.

Sources et références

  • Russo E.B., 2011, Taming THC : potential cannabis synergy and phytocannabinoid-terpenoid entourage effects, publié dans British Journal of Pharmacology, 163 (7).
  • Mechoulam R., Ben-Shabat S., 1999, From gan-zi-gun-nu to anandamide and 2-arachidonoylglycerol : the ongoing story of cannabis, publié dans Natural Product Reports.
  • Booth J.K., Bohlmann J., 2019, Terpenes in Cannabis sativa : From plant genome to humans, publié dans Plant Science, vol. 284.
  • LaVigne J.E. et collègues, 2021, Cannabis sativa terpenes are cannabimimetic and selectively enhance cannabinoid activity, publié dans Scientific Reports, 11 : 8232.
  • Sommano S.R. et collègues, 2020, The Cannabis Terpenes, publié dans Molecules, 25(24) : 5792.
  • Hanus L.O., Hod Y., 2020, Terpenes/Terpenoids in Cannabis : Are They Important?, publié dans Medical Cannabis and Cannabinoids, 3.
  • Gertsch J. et collègues, 2008, Beta-caryophyllene is a dietary cannabinoid, publié dans PNAS, 105 (26).
  • Caliterpenes, 2024-2025, Documentation technique sur les températures d’évaporation des terpènes.
  • Vapochecker, 2026, Cannabinoid and Terpene Boiling Points Chart.
  • Liebertpub Cannabis and Cannabinoid Research, 2023, Vapor Pressure, Vaping, and Corrections to Misconceptions Related to Medical Cannabis’ Active Pharmaceutical Ingredients’ Physical Properties and Compositions.

Article rédigé par Ufuk pour CBD’eau. Publication : avril 2026. Cet article est à visée informative et scientifique. Il ne se substitue à aucun avis médical ou pharmaceutique.

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